KŌMØ LOCOMOTOR · DOSSIER SCIENTIFIQUE

Le syndrome locomoteur.
La mobilité, rendue visible.

Le syndrome locomoteur est un cadre japonais destiné à repérer une diminution de la mobilité liée à l’appareil locomoteur. Voici sa signification, la classification par les trois tests JOA et ce que les données permettent — ou non — d’affirmer. [01][02]

Contenu éducatif · cadre JOA crédité · aucun diagnostic en ligne · littérature revue en août 2026

01 · LE CONCEPT

Un cadre fonctionnel,
pas une maladie unique.

La Japanese Orthopaedic Association a introduit le syndrome locomoteur en 2007. Il décrit une diminution des capacités à se lever, marcher et se déplacer en raison d’atteintes ou d’un déclin de l’appareil locomoteur, avec un risque croissant de besoins d’aide lorsque la sévérité progresse. [01][02]

01

Son origine

Le concept a été créé au Japon pour rendre visible le déclin de la mobilité avant que la perte d’autonomie ne soit installée. C’est un cadre de santé publique et clinique ; il ne remplace pas le diagnostic de la cause orthopédique, neurologique ou systémique sous-jacente.

02

Ce que comprend l’appareil locomoteur

Le mouvement émerge d’un système intégré. Une composante peut compenser l’autre — jusqu’à ce que la réserve de l’ensemble devienne insuffisante.

01

Os

Soutien, transmission des charges et résistance fracturaire.

02

Articulations & rachis

Amplitude, alignement et transfert efficient des forces.

03

Muscles & tendons

Force, puissance, endurance et contrôle du mouvement.

04

Nerfs & systèmes sensoriels

Commande motrice, sensibilité, équilibre et adaptation.

02 · CRITÈRES JOA 2020

Quatre états.
Trois degrés de déclin.

Le cadre JOA actuel distingue l’absence de syndrome locomoteur (degré 0) et les degrés 1 à 3. Le degré global correspond au résultat le plus sévère du Stand-Up Test, du Two-Step Test ou du GLFS-25. [01][04]

0

Aucun critère atteint

Les trois résultats restent en dehors des seuils du degré 1.

Entretenir l’activité et réévaluer seulement si cela est utile.
1

Le déclin débute

Un premier seuil est atteint sur au moins une composante.

Installer des habitudes régulières de force, d’équilibre et d’activité.
2

Le déclin progresse

La limitation de mobilité est davantage constituée.

Une évaluation professionnelle est pertinente, surtout en cas de douleur ou de chute.
3

La participation sociale est affectée

Une limitation sévère est présente sur au moins une composante.

Une évaluation clinique et le traitement des causes sont recommandés.
Seuils décisionnels cliniques JOA
ComposanteDegré 0Degré 1Degré 2Degré 3
Stand-Up TestSe relève de 40 cm sur une jambe, des deux côtésNe se relève pas de 40 cm sur une jambe d’un ou des deux côtés, mais se relève de 20 cm sur les deux jambesNe se relève pas de 20 cm sur les deux jambes, mais se relève de 30 cmNe se relève pas de 30 cm sur les deux jambes
Score Two-Step≥ 1,3≥ 1,1 et < 1,3≥ 0,9 et < 1,1< 0,9
GLFS-250–67–1516–23≥ 24

Score Two-Step = longueur totale de deux pas maximaux ÷ taille

La classification n’est pas un diagnostic causal

Deux personnes peuvent atteindre le même degré pour des raisons différentes. Douleur, arthrose, maladie rachidienne ou neurologique, ostéoporose, faiblesse musculaire, trouble de l’équilibre, déconditionnement et autres causes nécessitent leur propre évaluation clinique.

03 · LOCOMOTIVE SYNDROME RISK TEST

Trois regards complémentaires
sur une même fonction.

Un test de performance isolé ne décrit pas une personne. La JOA associe deux tests physiques et une échelle rapportée par le patient. [01][03]

01Force des jambes · équilibre

Stand-Up Test

La personne se relève d’assises de 40, 30, 20 et 10 cm, sur les deux jambes puis sur une jambe selon la séquence officielle. Les bras restent croisés et la station debout est maintenue trois secondes.

Méthode
Le résultat correspond à la plus faible hauteur réussie et précise si la tâche a été accomplie sur deux jambes ou séparément sur chacune des jambes.
Sécurité
Arrêter en cas de douleur du genou ou autre douleur. Éviter l’élan et prévenir la chute en arrière.
02Enjambée · contrôle dynamique

Two-Step Test

Depuis une ligne, la personne réalise deux pas maximaux consécutifs, rejoint les pieds et reste stable. La distance est mesurée deux fois ; le meilleur essai valide est divisé par la taille.

Méthode
L’essai est invalide en cas de perte d’équilibre ou de saut. Il faut un sol non glissant et un espace suffisant.
Sécurité
La JOA recommande la présence d’un accompagnant, un échauffement et un sol non glissant.
03Symptômes · vie quotidienne · participation

GLFS-25

Ce questionnaire auto-administré de 25 items explore la douleur, les difficultés de mouvement, les activités de la vie quotidienne, la fonction sociale et les préoccupations psychologiques du mois précédent.

Méthode
Chaque item est coté de 0 à 4 ; le total varie de 0 à 100. Un score plus élevé traduit davantage de difficultés locomotrices perçues.
Sécurité
Utiliser une version linguistique autorisée et les instructions officielles de cotation.

04 · PROCHES, MAIS NON IDENTIQUES

Syndrome locomoteur,
sarcopénie et fragilité.

Ces constructions se chevauchent, notamment chez la personne âgée, mais l’une n’est pas simplement le stade avancé d’une autre. [05]

CadreObjet principalÉvaluation typiqueDistinction essentielle
Syndrome locomoteurDéclin de mobilité lié à l’appareil locomoteurStand-Up, Two-Step et GLFS-25Cadre fonctionnel large issu de la JOA
SarcopénieForce, quantité/qualité musculaire et performance physiquePréhension, lever de chaise, masse musculaire et critères de performanceMaladie musculaire définie par des consensus internationaux
FragilitéDiminution de la réserve multisystémique et vulnérabilité aux stressPhénotype physique ou outils multidimensionnelsCadre plus large que l’appareil locomoteur ; définitions variables

Les études de population montrent une coexistence importante, mais aussi de nombreuses personnes avec syndrome locomoteur sans critère de sarcopénie ni de fragilité.

05 · DU RÉSULTAT À LA DÉCISION

Mesurer moins souvent.
Agir plus intelligemment.

Le degré est un signal à comprendre, pas une ordonnance. L’étape utile dépend des symptômes, des causes, des objectifs et de la sécurité.

  1. 01

    Rechercher la cause

    Douleur, faiblesse, atteinte articulaire ou rachidienne, signes neurologiques, médicaments, vision, fonction vestibulaire et chutes récentes modifient l’interprétation.

  2. 02

    Développer les capacités

    Renforcement progressif des membres inférieurs, travail de l’équilibre et activité aérobie sont couramment utilisés. Le Locomotion Training de base de la JOA associe appui unipodal sécurisé et squats.

  3. 03

    Traiter ce qui peut l’être

    Rééducation, traitement spécifique d’une pathologie, réduction du risque de chute, nutrition adaptée et modifications de l’environnement peuvent être indiqués après évaluation.

  4. 04

    Répéter dans des conditions comparables

    La valeur longitudinale repose sur une technique standardisée, les mêmes règles de cotation et un intervalle permettant un changement significatif.

JOA · LOCOMOTION TRAINING DE BASE

Deux exercices simples,
avec un appui si nécessaire.

La JOA présente l’appui unipodal sécurisé et les squats comme son Locomotion Training de base. Ce sont des exemples généraux, pas une prescription individuelle ; douleur, traumatisme récent, trouble de l’équilibre ou restriction médicale justifient un avis professionnel. [01]

01

Appui unipodal sécurisé

Se placer près d’une table ou d’une chaise stable. Décoller légèrement un pied sans incliner le tronc ; garder un doigt ou une main sur l’appui dès que nécessaire.

Objectif du programme JOA : 1 minute de chaque côté, 3 fois par jour. La sécurité et le contrôle priment sur la durée.
02

Squat contrôlé

Pieds un peu plus larges que les épaules, reculer les hanches en 2–3 secondes en gardant les genoux dans l’axe des orteils. Continuer à respirer puis remonter sans à-coup.

Objectif du programme JOA : 5–6 répétitions, 3 fois par jour. Ne pas descendre au-delà de la zone confortable ; le lever de chaise constitue une alternative.
Ce que disent les données d’intervention [07]

Des essais isolés rapportent des améliorations avec l’exercice et d’autres interventions, mais une revue systématique de 2023 n’a pas retrouvé de preuve forte en faveur d’une intervention spécifique pour l’ensemble du syndrome locomoteur. Une amélioration est possible ; une « réversion » ne doit jamais être garantie.

06 · CE QUI EST ÉTABLI — ET CE QUI NE L’EST PAS

Des preuves utiles.
Des limites claires.

Les données les plus solides soutiennent le concept et son association aux limitations de mobilité dans les populations japonaises. La traduction en pronostic individuel ou en dépistage universel exige de la prudence.

2007

Introduction du concept

La JOA a proposé le syndrome locomoteur pour relier atteintes de l’appareil locomoteur, mobilité et futurs besoins d’aide. [02]

2020

Ajout du degré 3

Les seuils décisionnels ont été révisés pour distinguer un déclin sévère affectant la participation sociale. [01]

6 ans

Suivi longitudinal

Dans la cohorte japonaise ROAD, le degré 3 était associé à la dépendance et à la mortalité ultérieures. Il s’agit d’une association, non d’une prédiction individuelle. [04]

Japon

Géographie des preuves

La majorité des données de prévalence, de seuils et de pronostic provient du Japon ; les estimations ne doivent pas être transposées directement. [08]

COHORT

Une référence japonaise utile — pas une estimation européenne

Avec les critères actualisés dans la cohorte ROAD, les prévalences mutuellement exclusives étaient de 41,3 % pour le degré 1, 14,9 % pour le degré 2 et 11,6 % pour le degré 3. La structure d’âge et le contexte japonais sont déterminants. [04]

AGE

Le concept concerne-t-il seulement les plus de 65 ans ?

Des études transversales ont observé des résultats anormaux chez des adultes en âge de travailler, sans démontrer pour autant le bénéfice d’un dépistage universel dès 30 ans. Hors du Japon, les âges cibles, parcours et rapports coût-efficacité restent à établir. [06]

Établi

Définition JOA ; cadre à trois composantes ; seuils 2020 ; associations avec la limitation de mobilité.

Dépendant du contexte

Prévalence, pronostic et intervalle optimal de réévaluation hors des cohortes japonaises.

Recherche

Trajectoires personnalisées, scores composites, âge du mouvement et prédiction individuelle.

07 · LA COUCHE KŌMØ

Respecter la référence.
Ajouter la trajectoire.

KŌMØ utilise le cadre JOA comme couche de référence explicitement créditée. KŌMØ ne renomme pas le syndrome locomoteur et n’en modifie pas les seuils.

01

Référence

Conserver la logique officielle Stand-Up, Two-Step et GLFS-25 lorsqu’un degré Locomo est rapporté.

02

Contexte

Relier la fonction à la douleur, l’histoire, les objectifs, l’environnement et l’examen du clinicien.

03

Mesure

Lorsque cela est cliniquement justifié, ajouter marche, contrôle neuromusculaire, force, équilibre ou posture — identifiés comme données hors JOA.

04

Trajectoire

Répéter des mesures comparables et rendre le changement lisible sans revendiquer une prédiction déterministe.

Statut méthodologique

Le KŌMØ Motion Score, le Movement Age et l’architecture de mesure étendue sont des productions méthodologiques et de recherche en validation progressive. Ils ne font pas partie de la définition JOA et ne doivent pas être présentés comme des diagnostics validés.

Voir le parcours clinique KŌMØ

08 · QUESTIONS ESSENTIELLES

Des réponses
précises.

01Le syndrome locomoteur est-il une maladie ?

C’est un syndrome et un cadre fonctionnel. Il peut refléter une ou plusieurs causes sous-jacentes, qui nécessitent toujours leur propre diagnostic.

02Peut-il s’améliorer ?

La mobilité et les performances aux tests peuvent s’améliorer, notamment lorsque les facteurs modifiables et les pathologies sous-jacentes sont pris en charge. L’amplitude et la durabilité varient ; aucun site ni score ne peut garantir une réversion.

03Faut-il une imagerie ou une prise de sang ?

Pas systématiquement. Elles ne font pas partie des trois composantes officielles de la classification Locomo. Un clinicien peut les demander si l’interrogatoire et l’examen établissent une indication précise.

04Puis-je m’autodiagnostiquer ?

Non. L’auto-observation peut ouvrir une discussion, mais les tests physiques exposent à un risque de chute et le degré n’identifie pas la cause.

05À quelle fréquence répéter les tests ?

Il n’existe pas d’intervalle universel. La répétition doit dépendre du contexte clinique, de l’intervention et du besoin de documenter un changement pertinent.

06KŌMØ est-il propriétaire du concept ?

Non. Le syndrome locomoteur et ses critères officiels proviennent de la Japanese Orthopaedic Association. KŌMØ crédite ce cadre et le distingue de sa propre méthode en développement.

09 · SOURCES

Lire les
références primaires.

Une bibliographie volontairement courte : ressource officielle JOA, articles fondateurs, critères actualisés, cohortes et revue des interventions.

  1. 01

    Japanese Orthopaedic Association. LOCOMO ONLINE: definition, Locomotive Syndrome Risk Test and Locomotion Training.

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  2. 02

    Nakamura K. A “super-aged” society and the “locomotive syndrome”. Journal of Orthopaedic Science. 2008;13:1–2.

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  3. 03

    Seichi A, Hoshino Y, Doi T, et al. Development of the 25-question Geriatric Locomotive Function Scale. Journal of Orthopaedic Science. 2012;17:163–172.

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  4. 04

    Yoshimura N, Iidaka T, Horii C, et al. Epidemiology of locomotive syndrome using updated clinical decision limits: 6-year follow-ups of the ROAD study. Journal of Bone and Mineral Metabolism. 2022;40:623–635.

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  5. 05

    Yoshimura N, Muraki S, Iidaka T, et al. Prevalence and co-existence of locomotive syndrome, sarcopenia, and frailty: the ROAD study. Journal of Bone and Mineral Metabolism. 2019;37:1058–1066.

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  6. 06

    Nishimura A, Ohtsuki M, Kato T, et al. Locomotive syndrome testing in young and middle adulthood. Modern Rheumatology. 2020;30:178–183.

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  7. 07

    Iwamoto Y, Imura T, Takahashi M, Tanaka R. Interventions to improve locomotive syndrome: a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. Nagoya Journal of Medical Science. 2023;85:275–288.

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  8. 08

    Iwamoto Y, Imura T, Hirata K, et al. The risk factors for development or progression of locomotive syndrome: a systematic review. Nagoya Journal of Medical Science. 2025;87:60–75.

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